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IBAB - Humanitaire aux Phillipines - Le blog de Baby

Publié le

 

CAGAYAN DE ORO : le nom de cette ville provient du mot Kagayhaan qui signifie lieu de la honte et fut nommée ainsi par les Bukidnons qui avaient eu l'impression d'avoir été trahis lorsque le chef  de leur tribu épousa une princesse de la tribu des Maranaos, (que l'on peut rencontrer aujourd'hui encore), tribu qui avait chassée quelques années plus tôt les Bukidnons de leurs terres.

Le nom ORO a pour origine la découverte d'or par les Espagnols dans une rivière non loin de la ville, toujours exploitée à ce jour  et provoquant une énorme pollution au niveau de la mer. 

CAGAYAN DE ORO est une ville de près de 5OO OOO habitants. Elle est la capitale du nord de l'île de MINDANAO. Il y a quelques temps je vous ai parlé du sud de l'île,  où vivent nos amis T.BOLI. C'est une ville bruyante qui connait des embouteillages monstres et une pollution intense.  Cette ville est le point de départ de nombreuses destinations et son port déverse chaque jour son lot de rêveurs venus des 2200 îles habitées des PHILIPPINES.

Tous nos amis ayant la fièvre du métal précieux exploité par une firme étrangère et ne trouvant pas de travail se retrouvent à agrandir les bidonvilles en périphérie de la ville. Les plus chanceux se retrouvent saisonniers dans l'immense plantation d'ananas Delmonte,  la plus grande du sud-est asiatique.  

 

Le point de départ pour découvrir des horizons nouveaux se trouve donc dans le quartier de la ville nommé Agora. Ici plusieurs centaines de bus arrivent et repartent chaque  jour car les voitures personnelles sont encore très rares sur cette île.

Et voilà comment, curieux d'horizons nouveaux, je me suis retrouvé ici après 35 heures de bateau en provenance de Manille, la capitale. Et si la serveuse du café n'avait pas eu un si joli sourire en me servant mon déjeuner je n'aurais pas raté mon bus ! Dans un tintamarre de cars déversant tous ces gens, j'entends  tout de même mon téléphone sonner et j'essaie de me réfugier dans le couloir d'un bâtiment très sombre et lugubre, pour parler à mon interlocuteur. Plus j'avançai, plus il m'était facile de communiquer.Dans la pénombre un policier me bouscula et je me demandai ce qu'il faisait ici. Ma surprise passée, et rassuré par son sourire il m'invita à le suivre, comprenant mon intrusion dans ce lieu. Je le suivis, ma curiosité étant plus forte que ma méfiance.

 

Quelques secondes plus tard je me retrouvai dans une grande pièce aussi triste que le parcours qui m'avait  amené ici.  Ma première vision du lieu fût une ampoule se balançant au bout d'un fil et renvoyant une lumière blafarde  sur un jeune garçon torse nu,  assis par terre, qui me fit un signe avec un petit sourire qui me rassura.  Au fond de la pièce plusieurs personnes étaient assises derrière une grande table rectangulaire couverte de documents en désordre et ces gens semblaient somnoler. Aucune réaction à mon arrivée.  Tout à coup des cris me firent sursauter ; en me retournant, à l'opposé de la pièce, des enfants pour la plupart, enfermés derrière d'énormes barreaux en fer.  Je connaissais déjà ce genre de lieu, pour avoir visité une prison à Manille il y a neuf ans. Ce sont des expériences que l’on n’oublie jamais.  Vu mon regard interrogateur  mon policier-guide  m'expliqua  que ces gamins avaient été arrêtés le matin même rodant autour d'un bus, en train de voler un groupe de touristes. On m'avait prévenu le matin que l'étranger est bien sûr la cible privilégiée de ces petites bandes très bien organisées dont j’ai déjà été plusieurs fois la victime. Je me trouvais bien dans une prison provisoire ou plutôt un tribunal, où la personne jugée n'avait pas la parole et encore moins d'avocat.

En quelques minutes la sentence tombait et même sans comprendre un seul mot il m'était très facile de comprendre le jugement rendu.

Un petit signe du garçon qui était sous la lampe : soit il se levait pour ouvrir la porte et libérer le condamné qui partait alors en courant sans même dire au revoir,  soit le gamin  faisait un signe au détenu pour lui faire comprendre que ce soir il ne ressortirait pas pour rééditer ses méfaits. Là, surpris par la sentence, le condamné insultait la terre entière et ses juges bien sûr.

J'aurais pu passer la journée dans ce lieu si je n'avais pas sorti mon appareil photo et qu' à ce moment-là on me fit comprendre que ma présence avait assez duré.

 

Raccompagné par mon guide, ce dernier me donna rendez-vous à la tombée de la nuit. Je ne savais pas trop pourquoi mais j’acceptai, ma curiosité prenant le dessus. Je me promenai toute la journée dans la ville sans rien découvrir quelque chose d'intéressant. La nuit tombée je retrouvai mon policier avec une certaine satisfaction et ne regrettai pas mon errance dans la ville ; car ce que je vis me surpris une fois de plus : mon pote sortit de sa poche une liasse de billets de 20 pesos (équivalent à 1 tiers d'euros) et se mit à parcourir la gare routière en distribuant les billets à des gamins dont l’allure m’aurait dissuadé de les prendre comme guide en pleine nuit .

Mon pote m'expliqua qu’avec cet argent ces gamins allaient pouvoir acheter à manger le soir même puis rentrer se coucher et qu’ainsi il ne les retrouverait pas en prison. Il y a un pacte entre eux mais s'ils rompent cette alliance ça leur coûtera très cher me dit-il. Je n'ai pas demandé d’autre explication.

 

Je termine cette petite histoire vécue en vous laissant seul juge. Je dois vous avouer que souvent je repense à ce moment et n'arrive pas à faire la part des choses. Peut-être qu’un jour nous nous rencontrerons pour débattre de toutes ces situations.

 

A bientôt !

Baby

 

 

PS : Voici mon adresse email : ibaby47_46@yahoo.com

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