Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
ibableblog.over-blog.com

ibableblog.over-blog.com

IBAB - Humanitaire aux Phillipines - Le blog de Baby

Publié le

Pour commencer l'année en beauté, Baby nous offre une très belle histoire, sa rencontre avec ,ELMA la petite BADJAO. J'espère que vous prendrez autant de plaisir à la lire que j'en ai eu à la transcrire !

14 heures que je suis dans ce bus, 350 km sur des routes défoncées et enfin j’arrive. Je n’ai qu’une envie, me cacher dans un coin et ne plus entendre aucun bruit, mais à ce moment là derrière moi une musique, disons plutôt un bruit de casseroles.

Je me retourne et tout près de moi je vois une petite fille qui tape sur des boites de conserves et qui danse les yeux fermés.

Je m’assois sur ma valise et ne bouge plus, comme hypnotisé par cette nouvelle venue.

Je suis en présence d’une petite Badjao, la peste pour un photographe.

Les Badjaos, de religion musulmane, acceptent très rarement de se laisser prendre en photo. Alors avec votre permission nous allons nous laisser bercer par cette musique et aller à la rencontre de cette ethnie.

Il y a plusieurs siècles voir millénaires que ces gens vivent sur l'eau, ou pour être plus précis sur les mers et les océans.

Très souvent en petits groupes, cette population construit des petites maisons en bambou sur des blocs de coraux et vit de pêche et surtout à ma connaissance de cueillette de perles sauvages, bien sûr aux Philippines, mais on retrouve également les Badjaos dans les mers du sud asiatique et jusqu'à Tahiti.

Alors vous allez me demander pourquoi on les rencontre en train de taper sur des casseroles pour survivre ? Malheureusement peut-être à cause des changements climatiques ; typhons et raz de marée se succédant, ils furent dans l'obligation de quitter leur lieu de vie mais en arrivant sur la terre ferme plusieurs problèmes se sont imposés à eux : la langue du pays qu’ils ne connaissent pas, et cette population n’étant jamais allée à l’école ne sait ni lire ni écrire.

De nos jours on les retrouve errant dans les grandes villes, survivant de mendicité et dormant sur les trottoirs ; ils sont méprisés par la police qui les repousse en dehors des villes. Automatiquement ce sont toujours les jeunes femmes avec un bébé dans les bras qui ont le plus de succès pour récolter quelques pièces.

Donc je me retrouve devant cette petite fille qui maintenant en rajoute un refrain car elle s’est bien aperçue qu’elle a un admirateur et de surcroît étranger ! Tout doucement un petit groupe de voyageurs se forme autour de moi, et alors là nous avons droit à un vrai concert !

Au bout de quelques minutes la petite suant de tout son corps se retrouve devant moi le public s’étant éclipsé avant la fin pour ne pas lui glisser même une petite pièce.

Je lui tends quelques pesos, certainement la même recette d’une journée de concert normale.

Je lui demande de la photographier, elle refuse gentiment mais me fait signe de l’attendre ici prétextant son retour imminent.

Mon attente est de courte durée et j’aperçois ma copine accompagnée de sa grande sœur bien sûr avec un rejeton dans les bras ; la grande soeur accepte la photo de famille et la petite me quitte avec un immense sourire, j'arrive à comprendre quelle s'appelle Elma.

Il ne va pas se passer un jour où je ne vais pas regarder Elma dans mon ordinateur, et à chaque fois espérer une nouvelle rencontre, vu que je dois transiter par cette gare routière dans quelques jours.

Je fais part de cette rencontre à une amie (Janeth, qui deviendra plus tard, mais je ne le sais pas encore, « bras droit » de I.B.A.B.), qui décide de m’accompagner pour faciliter cet entretien car j’ai bien l’intention de ramener ce petit bout de chou en France….. en photo bien sûr.

Comme quoi même dans un lieu aussi sinistre et pollué qu'une gare routière philippine, on peut se sentir très heureux, et tout de suite je cherche du regard Elma. Mais les minutes passent et je n’aperçois toujours pas mon petit génie de la musique et l’on se met à questionner les vendeurs, les chauffeurs, les mendiants et même ceux qui ne mendient pas.

Quelques instants plus tard nous sommes récompensés car dans la famille Badjao quand je demande la fille on me ramène la mère.

Ce n’est pas si mal mais cette dernière m’annonce qu’Elma se produit sur le parking d’un supermarché à la périphérie de la ville et qu’il y a une certaine distance.

J’aurais vraiment aimé que vous ayez pû être du voyage pour voir la tête du chauffeur de taxi quand se sont engouffrés plusieurs badjaos dans son auto ; mais comme que je les accompagnais et qu’ il était sûr d’être payé, il n’a rien dit, et a même souri.

L’arrivée fut aussi sympa quand mon amie s’est adressée aux badauds et leur à demandé de localiser Elma, que j’étais son PAPA et que mon souhait était de la retrouver.

Et là, quelque chose d’extraordinaire se passe : on aurait dit que tout le monde la cherchait et son nom était scandé de partout.

Même les policiers en faction se mirent à sa recherche et tout à coup j’entends le nom de ma princesse à la sono du supermarché.

Ce qui était dommage c’est qu’elle ne compris pas le message : « qu’un

américain (on a tous cette nationalité ici si l'on est blanc) recherchait une petite mendiante ».

Les minutes s’écoulent, la vie reprend son cours autour de nous, et je me retrouve bientôt seul avec mes pensées malgré la présence de Janeth ; comment retrouver ma copine dans une ville de 5O OOO habitants ? Et c’est le cœur gros que nous reprenons la direction du terminal, et chemin faisant j’entends au milieu de la circulation cette musique inoubliable, ce bruit de casseroles que je reconnaîtrais entre mille. La petite musicienne me reconnaît, se met à zigzaguer dans un concert de klaxons et me saute au cou. Elma ne saura jamais qu’aujourd’hui elle fut une petite vedette pendant quelques minutes.

Mais une chose est certaine je me souviendrai très longtemps du moment où j’ai voulu acheter un gâteau à ma « fille » : cette dernière a refusé en m'expliquant par gestes qu’avec cet argent elle préférait que je lui achète du riz.

J’ai intitulé cette rencontre « Elma la petite Badjao » mais j’aurais aussi bien pu l’intituler « La petite fille qui ne mange jamais de gâteaux ».

Merci à JANETH de m’avoir aidé à retrouver Elma.

ELMA la petite BADJAO
ELMA la petite BADJAO

Commenter cet article

Catégories

Articles récents

Hébergé par Overblog